En ski de randonnée laisser une trace dans la neige à la descente mais aussi à la montée est une signature individuelle mais aussi collective. La trace nous informe sur le choix de l’itinéraire bien sûr mais encore sur le niveau technique, la forme physique ou encore le fonctionnement du groupe.

Dans la démarche CSV nous laissons un autre type de trace destinée au groupe qui la produit: le croquis réalisé lors de la préparation.

En quoi est-il si important?

Visualisation: Ouvrir la communication sur le mode visuel et pas seulement auditif permet de réduire les incompréhensions éventuelles. Le langage est forcément imparfait.

Mobiliser et centrer l’attention du groupe sur la schéma (et pas seulement sur le leader) facilite les échanges. Le côté ludique ouvre sur une représentation facilement accessible d’une « œuvre » collective.

Le schéma favorise la création d’images mentales plus simples que celles issues d’une carte traditionnelle (moins d’informations à retenir) et réinvestissables sur le terrain.

Il favorise l’implication du groupe. En cas de difficultés ou de questionnements sur le terrain chacun peut alors participer avec des repères communs. Nous savons tous que bon nombre d’accidents résultent de processus de communication défaillants.

Se donner une référence commune utilisable par la suite et en particulier au moment du debriefing, de l’analyse de la sortie. Repérer les écarts entre la préparation et la réalisation sur le terrain, c’est ouvrir la réflexion pour une meilleure capitalisation.

Le schémas est donc l’aspect visible de la démarche collective. Il a des effets individuels sur la perception et la cognition de chacun et sur les modalités de communication du groupe. Il est en ce sens préférable que la réalisation du croquis se fasse en présence de tous les membres du groupe. Les éléments présents sur le croquis sont alors disponibles pour tout le monde et pas seulement «dans la tête» du leader ou de quelques uns.

Pour autant, sa réalisation concrète n’est pas si simple. Elle demande, non pas des talents de dessinateur, mais la capacité de simplifier la carte IGN initiale, d’en extirper uniquement les informations utiles, d’en modifier éventuellement l’échelle pour transposer l’itinéraire dans le cadre de la feuille. Il faut donc de réelles connaissances en cartographie. Là encore lors de cette phase, la mutualisation des compétences des membres du groupe permet de dépasser ces difficultés éventuelles. Et nous pouvons également favoriser le partage de ces compétences, dans un cadre pédagogique structuré. (D. Ansel. Juin 2024)

Dit plus clairement, il n’y a pas de Démarche CSV sans la production co construite et l’utilisation d’un schéma de la sortie (le « gribouillons ») !