RETEX et CSV. Une réflexion en cours…

Il y a déjà quelques années, nous pensions que la Cartographie Systémique des Vigilances était avant tout un outil de préparation de course pour le ski de randonnée. Puis nous avons intégré la roue de Deming (P/D/C/A) et la Carto des Vigilances est devenue une Démarche Qualité qui traversait l’ensemble des temps d’une sortie, depuis la préparation, jusqu’au débriefing.
Ce débriefing se prolongeant par la question : « Qu’ai je, qu’avons nous appris durant cette sortie ? » Une manière de questionner la notion de capitalisation.
Le débriefing est devenu ainsi un élément clef de la CSV, presque le moment le plus important tant il conditionne la sortie future et la dynamique qui se joue au sein du groupe. La préparation avec sa représentation graphique a pris ainsi une dimension encore plus importante car elle se place au centre du débriefing, qui questionne à la fois le vécu personnel et celui du groupe (avec les émotions), mais aussi la qualité de la préparation, sa compréhension par les différents participants.
Une phrase est maintenant célèbre parmi nous,
« Plus la préparation est précise et collaborative, en amont, plus le débriefing sera riche et constructif ».
Sa forme graphique, co-construite et donc très concrète est bien sûr un élément clef de la démarche CSV.
Actuellement notre groupe CSV est centré sur ce débriefing, et nous préparons une formation d’une journée sur ce thème avec une dimension systémique (en décembre 2026). À suivre donc.

Quelques remarques.
« C’est en étant attentif aux micro dysfonctionnements, sans se prendre la tête non plus, que nous pourrons augmenter la qualité des interactions vécues dans la sortie, pour éviter un jour un gros problème »
« Exprimer les choses qui se sont bien passées dans une sortie, les valoriser, c’est une manière de réaliser des RETEX positifs et de mettre l’accent sur les choses à conserver pour la prochaine sortie. C’est une dimension récurrente de la psychologie positive. »
« Avec le fil rouge que représente la démarche CSV, valoriser le débriefing et toutes les formes de RETEX nous semble le moyen concret de faire le lien entre RETEX, prévention et organisation de la sortie».

RETEX et CSV

En étudiant plus précisément les analyses de Maude Vanpoule sur deux accidents (ou presque accidents) marquants relatés dans cet article d’Alpine Mag, nous avons tenté d’intégrer concrètement ces recommandations dans une nouvelle matrice de la CSV pour la préparation.
1… En insistant sur la première vigilance de groupe, où la communication est au centre de la démarche systémique.
Il s’agit de questionner la nature du projet et les caractéristiques de la course et de ses conséquences, en adéquation avec les réalités du groupe constitué.
Cela demande du temps, il faut donc s’entrainer à conduire le mieux possible cet espace de discussion et c’est le prix à payer pour augmenter la qualité de nos sorties.
2… Dans la deuxième case Vigilance groupe à la fin du gribouillon, le questionnement sur la qualité de la communication et la pertinence de l’adéquation du projet, de la course aux compétences du groupe, mériteraient d’être posés clairement.
Concrètement, ajouter « Questions RETEX », après la ligne Biais cognitifs, pourrait être un rappel efficace.
La validation finale de la préparation par chacun ouvre la phase de la « Responsabilité Partagée » sur le terrain, qui se concrétise par une implication, une collaboration de chacun.
Est-ce une vision trop utopique ?

CSV, RETEX et FFCAM.

Pour avoir participé à un vrai RETEX avec le groupe RETEX du CAF de Chambéry, je peux témoigner de la bienveillance, de l’écoute inconditionnelle, surtout de la volonté de diminuer l’accidentologie et à inscrire cette culture RETEX dans la préparation des sorties montagne dans ce cadre associatif.
Associé à la démarche CSV, a des échanges entre associations, et a un rééquilibrage des contenus de formation, plus centré sur l’Humain, la réalité et la représentation du RETEX sont train d’évoluer doucement.

Prendre le temps !!!

C’est le leitmotiv de la CSV.

  • Prendre son temps pour bien préparer sa sortie. (Mais en 30 min max !)
  • Prendre le temps sur le terrain pour bien observer et mieux décider.
  • Prendre le temps d’échanges constructifs dans le débriefing (idem, 30 min max !).
  • Prendre le temps d’exprimer le mieux possible nos émotions, dans toutes les phases de la sortie.

CSV et capitalisation.

Nous pensions que la capitalisation était simplement la phase finale du débriefing.
Il nous semble maintenant que des temps de capitalisation existent tout au long de la sortie : avant pour le leader, pendant la préparation avec tout le groupe, sur le terrain dans un faire ensemble et bien sûr lors du débriefing.
Au final c’est un temps qui traverse l’ensemble de la sortie et se dit, se conscientise bien après le débriefing et parfois bien plus tard !

Il nous semble que de cette capitalisation devrait émerger de réelles intentions de progrès, à la fois sur les aspects techniques comme sur les aspects systémiques et groupales, les softskills.
Et forcément la réflexion ne fait que commencer…

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Paulo Grobel : " la CSV C’est avant tout un outil pratique. Elle est coconstruite par les participants et sert de référence sur le terrain et aussi lors du débriefing pour l’analyse de la sortie."
    - CSV News -Paulo Grobel 2025 © Tous droits réservés -